Maïlis est ma maîtresse. Enfin, disons que c’est la façon dont elle se considère puisque je suis un chat
et que nous partageons un lieu de vie commun.
Comme elle est censée se présenter mais qu’elle n’est pas fichue de le faire elle-même, je m’en
charge à sa place (c’est toujours les mêmes qui bossent, sans déconner…)
En bref, il s’agit d’un bipède femelle de petite taille avec une forte tendance à la rêverie, chose qui
augmente considérablement ses temps de réaction lorsqu’elle doit me remplir ma gamelle de
croquettes.
C’est aussi, certainement, un être très naïf. Comment expliquer autrement qu’elle puisse croire que
je m’intéresse à ses états d’âme ? Il me paraît pourtant évident qu’ôter mes poils morts a bien plus
d’importance.
Elle passe des heures sur une sorte de machine carrée qui n’a de réel intérêt que sa chaleur. Je
m’amuse d’ailleurs souvent à m’allonger dessus les rares moments où elle le laisse en
fonctionnement sans surveillance, ce qui provoque inévitablement sa colère. Allez savoir pourquoi. À
croire que ses petites formes sans intérêt s’affichant lorsque j’appuie sur les touches par accident lui
posent problème…
Il paraît que c’est sa façon de raconter des histoires à ses semblables. Sa série, c’est comme ça
qu’elle l’appelle. Elle donnerait vie à des personnages, d’autres bipèdes, juste par plaisir de les voir se
débattre dans l’univers crée pour eux.
En fin de compte sa façon de faire n’est pas si éloignée de la mienne, lorsque je joue des heures avec
les mouches de l’appartement. Excepté qu’en ce qui me concerne, mes créatures finissent dans mon
estomac.
Je pense que vous en savez assez, il est temps pour moi de vaquer à mes occupations de félin.

 

Vous en découvrirez bientôt davantage sur le roman de Maïlis, si son chat nous le permet bien entendu !